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Homélie pascale du Père Marc

Un texte fort demandé, que nous nous faisons un plaisir de mettre en ligne.

Pâques 1B.    Ac.10,34-43 ; Jn.20,1-9.

 

“Il s’agit d’un certain Jésus qui est mort et dont Paul prétend qu’il est toujours vivant.” (Ac.25,19) C’est ce que nous pouvons lire dans les actes des apôtres dans la bouche d’un fonctionnaire romain lors du procès de Paul. Cette phrase résume à merveille la foi chrétienne.

Toute notre foi est là dans cet homme Jésus, mort et ressuscité. La religion chrétienne n’est pas d’abord une morale, une sagesse, une philosophie, une idéologie, non, elle est basée sur une personne et sur un événement : la mort et la résurrection de Jésus, le Christ : événement historique pour la mort et “trans-historique”pour la résurrection.

En effet, nous croyons que Jésus est venu, qu’il est entré, comme tout homme, dans l’histoire humaine, qu’il mort martyrisé, pendu au gibet, au temps du procurateur romain Ponce Pilate, mais que, contrairement à tous les mortels, sa tombe ne s’est jamais refermée. Dieu, et c’est le centre de notre foi, l’a fait “Seigneur et Christ, celui qui a été crucifié”, comme le dit Pierre (Ac.2,36).

Quand on pense à lui, on ne se retourne pas vers le passé, l’époque de l’empire romain, car il est vivant aujourd’hui : le Christ hier, aujourd’hui, demain, Alpha et Oméga, comme cela est inscrit sur le cierge pascal.

Quand on pense à lui, il ne faut pas non plus le chercher là où il n’est pas : “Ne me retiens pas” dit-il à Marie-Madeleine, “mais va vers mes frères !”(Jn.20,17). “Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ,” s’entendront dire les femmes venues pour embaumer le corps de Jésus. Tertullien, un ancien écrivain chrétien a écrit : “Tu as vu ton frère, tu as vu ton Seigneur…”C’est désormais dans l’autre, celui que l’on rencontre, qu’il est présent, dans l’Eglise qu’il a fondée, à laquelle il s’identifie et qu’il fait vivre de son esprit. Tant d’hommes et de femmes, hier, aujourd’hui, demain ont emboîté, emboîtent et emboîteront les premiers témoins : Marie-Madeleine, Pierre, Jean, les disciples d’Emmaüs.

Le christianisme n’est pas seulement le vivant héritage de tous ces témoins, dont nous faisons partie, mais c’est aussi une bonne nouvelle : “Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps.” (Mt.28,20).

La résurrection est déjà commencée en nous. Par notre baptême et toute notre vie chrétienne, Jésus nous associe intimement à sa mort et à sa résurrection. On peut certes recourir à toutes les solutions pour essayer de changer ce qui ne va pas en nous ou dans le monde, il faudra toujours descendre au plus intime de nous-mêmes pour revivre en Jésus : “Celui qui garde sa vie, la perdra” dira-t-il dans l’évangile de Marc (Mc.8,35). Il faudra revivre en Jésus Christ, se laisser conduire par l’Esprit dont les manifestations extérieures sont la paix, la joie, la bienveillance, la justice et le pardon : “Ceux qui se laisse conduire par l’Esprit sont enfants de Dieu;” dira Paul dans sa lettre aux Romains (Rm.8,14-16). Ils mènent une vie nouvelle, filiale, fraternelle. Regardons en nous ce Jésus Christ ressuscité ; en lui aucune situation n’est désespérée, aucune personne irrécupérable, aucune difficultés insurmontable, aucun horizon bouché. La mort même n’est plus la mort, l’homme passe l’homme. Nous sommes faits pour vivre, nous sommes faits pour Dieu.

Ces perspectives de vie ne sont pas évasion, ni refuge, ni démission devant les douloureux problèmes de notre monde et de notre temps sinon le christianisme serait un opium pour le peuple et une intolérable aliénation. Au contraire, cette espérance nous détermine d’autant plus à construire, ou mieux à continuer à construire ce royaume de Dieu annoncé et initié par Jésus, le monde nouveau selon le cœur de Dieu.

Puissions-nous être comme Jean qui voit ce qu’il croit et non pas de ceux qui croient uniquement ce qu’ils voient

 

 

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